Variole du singe : quelle marche à suivre en cas d’infection ?

Dans plusieurs pays d’Europe, en Amérique du Nord ou en Australie, plusieurs cas du virus Monkeypox (MKP) ont récemment été signalés. Des cas suspects sont également en cours d’investigation dans de nombreux pays. Alors que 577 cas ont été confirmés sur le territoire national, une organisation a été mise en place pour réagir au mieux en cas de suspicion ou d’infection et proposer une vaccination préventive aux personnes exposées les plus à risque de contamination.

 

A l’origine, la variole du singe est un virus appartenant au clade "Afrique de l'ouest". Toutefois, hormis le cas signalé au Royaume-Uni le 7 mai dernier et importé du Nigéria, les nouveaux cas signalés ne sont pas liés à des voyages en Afrique ou en lien avec une personne au retour d’Afrique.

La transmission se produit lorsqu'une personne entre en contact avec un animal (rongeurs notamment), un être humain ou des matériaux contaminés par le virus. Il pénètre dans l'organisme par une lésion de la peau, des voies respiratoires ou des muqueuses. Fièvre, maux de tête, douleurs musculaires et asthénie mais aussi éruption cutanée, les symptômes se déclarent après une période d’incubation pouvant aller de 5 à 21 jours. A ce stade, les cas rapportés sont majoritairement bénins et aucun décès n’a été signalé.

 

Quelle marche à suivre en cas d’infection ?

Depuis cette alerte fin mai, une organisation a été mise en place en termes d'identification des patients mais aussi de surveillance à mener en cas de suspicion ou d’infection. Cette organisation est la suivante :

  • Les professionnels de santé, devant une suspicion de cas de MKP, doivent prendre attache avec le SAMU Centre15 et un infectiologue référent dans la région (équipes du CHU et du CHRO) pour une analyse et une classification de ce cas ainsi qu’une conduite à tenir concertée.
  • Dès suspicion d’un cas, une déclaration obligatoire doit être faite par le professionnel de santé à l’ARS. Les cas probables et confirmés font l’objet d’un contact-tracing effectué par l’ARS en relation avec les équipes de Santé Publique France.
  • Les prélèvements nécessaires seront réalisés dans le laboratoire de l’établissement de santé support de GHT. Il est donc important que le SAMU Centre15 ait été informé pour alerter l’établissement de l’arrivée d’un patient suspect de MKP.
  • En attendant un développement des capacités d’analyse en région, les prélèvements sont acheminés sous triple emballage vers l’ESR de Rouen pour traitement. L’équipe d’infectiologie de Rouen sera contactée par le professionnel ou par l’infectiologue régional afin de l’informer du cas et de l’envoi de prélèvement.

 

Une vaccination proposée aux personnes les plus à risque.

En France, depuis le 1er cas signalé le 19 mai, 577 cas de Monkeypox ont été confirmés de sur le territoire national au 5 juillet. La région Ile-de-France demeure la plus touchée avec 387 cas, bien plus que la région Centre-Val de Loire où seulement 1 cas a été déclaré. Les premières personnes contacts à risque ont été vaccinées durant le week-end de l’Ascension et celles-ci devrait se poursuivre.

Face à la diffusion de ce virus, à la cinétique de l'épidémie et aux difficultés de tracer les contacts des personnes infectées, la Direction générale de la santé a saisi la Haute Autorité de santé sur la pertinence d'élargir la vaccination, actuellement réactive. La HAS recommande qu'une vaccination préventive soit proposée aux groupes les plus exposés au virus : les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans qui sont multipartenaires, les personnes en situation de prostitution, les professionnels exerçant dans les lieux de consommation sexuelle. Elle peut être envisagée au cas par cas pour les professionnels amenés à prendre en charge les personnes malades.

La HAS ne recommande pas, à ce stade, la vaccination en préexposition des professionnels de santé prenant en charge les personnes malades, les mesures d'hygiène habituelles et le port d'équipement de protection individuelle rendant le risque de contamination très faible en pratique. Néanmoins, cette vaccination peut être envisagée au cas par cas, selon l'exposition, l'existence de facteurs de risque individuels ou à leur demande.

Le schéma vaccinal est constitué de deux doses, espacées de 28 jours, schéma réduit à une dose pour les personnes ayant déjà été vaccinées contre la variole. Les caractéristiques des deux vaccins disponibles permettent leur interchangeabilité : la seconde dose peut ainsi se faire avec un vaccin différent de la première. Enfin, un espacement des doses de plusieurs semaines pourra être envisagé en cas de tension d'approvisionnement des vaccins.

Ces recommandations seront susceptibles d’évoluer en fonction des données disponibles. Une actualisation de ces informations sera faite le cas échéant.

 

En savoir plus

Consulter le DGS du 25 mai

Lire le communiqué de presse de la HAS sur la vaccination

 

Pour effectuer une déclaration auprès de l’ARS : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou 02 38 77 32 10