Printemps 2021 : lancement des SAS 36 et 37

En 2021, l’Indre-et-Loire et l’Indre vont être les deux premiers départements du Centre-Val de Loire à mettre en place un SAS (Service d’Accès aux Soins). Comme l’indique le ministère de la Santé, le SAS se veut « un élément clé du nouveau modèle de prise en charge des patients », dont l’objectif sera de « répondre à la demande de soins vitaux, urgents et non programmés de la population partout et à toute heure, grâce à une chaîne de soins lisible et coordonnée entre les acteurs de santé d’un même territoire ».

A terme ce nouveau service d’orientation de la population dans leur parcours de soins permettra d’accéder à distance à un professionnel de santé qui, par exemple, fournira un conseil médical, proposera une téléconsultation, orientera selon la situation vers une consultation non programmée en ville, vers un service d’urgence ou déclenchera l’intervention d’un SMUR. Le SAS doit reposer sur un partenariat étroit et équilibré entre les médecins de ville et les professionnels de l’urgence hospitalière des SAMU. Au total, 22 projets de SAS ont été retenus dans 13 régions de métropole et d’outre-mer pour faire partie de la première phase d’expérimentation. Parmi ces SAS-pilotes, qui couvrent plus de 40 % de la population française, figurent les SAS 36 et 37.

Dans l’Indre le projet de SAS, porté par le collectif des CPTS du département (l’InterCPTS 36) et le centre hospitalier de Châteauroux doit être opérationnel d’ici au mois de juin. Le projet SAS 36 reposera sur 3 piliers : une gouvernance ville-hôpital ; l’organisation de la permanence des soins ambulatoires (nuit et week-end) inchangée et indépendante du SAS (qui ne concernera que les journées en semaine) ; et un numéro dédié en journée pour les urgences non vitales, avec, pour y répondre, des opérateurs de soins non programmés. L’Indre sera donc dotée de 2 numéros d’appel pour répondre aux demandes de soins urgents, un numéro pour les soins non programmés et un numéro pour les urgences vitales (le 15 ou équivalent).

« L’originalité de notre projet de SAS 36 est de concilier la réponse aux demandes de soin, tout en tenant compte des ressources en professionnels de santé et en respectant les organisations existantes comme la PDSA ou l’organisation des SNP au sein des CPTS, commente le Dr Sylvaine Le Liboux, présidente de la CPTS du Boischaut Nord. La réussite passera par une rémunération correcte des régulateurs et des effecteurs libéraux ».

En Indre-et-Loire, le Collectif des CPTS 37 porte, en partenariat avec le CHU de Tours, le projet de SAS, dont le lancement est prévu en mai. « À la différence de l’Indre, l’Indre-et-Loire disposera d’un numéro d’appel unique à composer pour obtenir une réponse à toute demande de soins non programmés et urgents. Le SAS 37 sera un niveau de réponse supplémentaire, conjoint entre médecine de ville et médecine hospitalière, pour répondre au patient qui n’aura pas trouvé de réponse, en l’absence ou en cas d’impossibilité de son médecin traitant », expliquent les Drs Alice Perrain et Laurent Bréchat, précurseurs des réflexions sur l'organisation des soins non programmés dans le département.

Le patient pourra alors, via le numéro unique, joindre l’assistant de régulation médicale (ARM) qui devra en moins de 30 secondes vérifier qu’il n’y a pas d’urgence vitale. S’il s’agit d’une urgence vitale, l’appel sera basculé vers l’aide médicale urgente (AMU). Les appels ne relevant pas de l’AMU seront, eux, basculés vers des opérateurs de soins non programmés (OPSN) placés sous la responsabilité des 6 CPTS du département.

Pour ces deux SAS, la même volonté prévaut : positionner en première ligne, en réponse à une demande de soins non programmés, le médecin traitant et l’organisation territoriale, avant de faire appel au SAS. Il s’agit ainsi de préserver la pertinence du parcours de soins et d’éviter un engorgement du numéro d’appel, à l’instar de ce que l’on observe souvent avec le 15.