La « conciliation médicamenteuse » : sécuriser la prise en charge médicamenteuse du patient

La « conciliation médicamenteuse » prend en compte, dans les 24 à 48 heures suivant l’entrée du patient à l’hôpital, tous les traitements qu’il prend déjà, afin de prévenir toutes les erreurs possibles, à tous les stades de son parcours hospitalier. Ce processus cible en priorité les patients de plus de 75 ans, prenant plus de cinq médicaments et admis après passage aux urgences. Il s’agit de récupérer toutes les informations nécessaires pour aider le médecin hospitalier à prescrire en toute sécurité, face à une personne qui, parfois, n’est pas en état de les donner, parce qu’elle est malade, prend plusieurs traitements et est suivie par plusieurs médecins.

Lors de la conciliation, le Dr Catherine Da Violante, pharmacien clinicien, qui gère le déploiement du projet au CHRO ? et ses collègues interrogent le patient et/ou ses proches, récupèrent les ordonnances du médecin de ville, se connectent au dossier pharmaceutique ouvert par le pharmacien d’officine, colligent les prescriptions éventuellement faites par d’autres établissements de santé. Puis ils comparent ces éléments avec l’ordonnance établie par le médecin qui admet le patient pour voir, avec lui, s’il n’y a pas de divergences.

La conciliation de sortie d’hospitalisation, elle, vise à établir à destination du patient et des professionnels de santé libéraux le bilan des médicaments nouvellement prescrits, arrêtés ou modifiés, en indiquant la raison. L’objectif est non seulement de sécuriser la prise médicamenteuse, mais aussi de renforcer le lien ville-hôpital et de prévenir l’iatrogénie.