Rencontre régionale des CPTS : ACI, ESP et rôle des coordinatrices- coordinateurs au menu

Professionnels de santé et coordinatrices-coordinateurs de CPTS ont participé, le 10 octobre à Blois, à leur deuxième Rencontre régionale de l’année. Objectifs : faire le point sur l’état d’avancement de la création de CPTS dans la région et de la mise en œuvre de l’ACI (Accord Conventionnel Interprofessionnel, en faveur du développement de l’exercice coordonné et du déploiement des CPTS), travailler sur le rôle et les missions des coordinatrices-coordinateurs de CPTS, et enfin participer à plusieurs ateliers thématiques (organisation des CPTS, missions des CPTS, place des usagers au sein des CPTS…).

En septembre 2019, 56 % de la population de la région étaient couverts par une CPTS (soit 1 430 465 habitants) ; 13 CPTS étaient opérationnelles et 15 en projet.

A propos de la mise en œuvre de l’ACI, un accord a été trouvé entre les CPTS de la région sur les points suivants : respecter l’autonomie des territoires ; définir une procédure de contractualisation commune pour éviter les disparités entre départements ; privilégier les objectifs de moyens pour la première année, puis progressivement des objectifs de résultat ; limiter le nombre d’indicateurs par action ; prioriser l’engagement des professionnels de santé de l’ambulatoire en associant progressivement les autres acteurs de la santé.

Un délai de 6 mois est par ailleurs fixé pour mettre en œuvre la sous-mission « Accès à un médecin traitant », fixée aux CPTS par l’ACI ; et ensuite 18 mois pour traduire cette sous-mission en actions, en sachant que 4 à 5 % des patients ne veulent pas de médecins traitant et que certains patients qui en ont un oublient parfois de le déclarer… Enfin, les CPTS en fonctionnement auront la possibilité de signer leur contrat ACI avant le 31 décembre 2019.

Autre sujet à l’ordre du jour, le projet d’accompagnement de la création d’équipes de soins primaires (ESP) dans le Centre-Val de Loire, par la Fédération des Maisons et Pôles de Santé (FMPS) de la région et par la Fédération des URPS. Alors que le maillage de la région en CPTS avance rapidement, le besoin se fait sentir de structurer des ESP au sein de ces CPTS. L’objectif est de reconnaître, financer et pérenniser, au-delà des CPTS, toute forme d’exercice coordonné, qu’elle débouche ou non sur un projet de MSP (maison de santé pluriprofessionnelle). Une ESP devra, pour être reconnue, comporter au moins 3 professionnels de santé, dont 1 médecin généraliste, et être formalisée par l’existence d’un projet de santé. Diverses actions pourraient être financées par l’ARS, via le Fonds d’intervention régionale (FIR) dans un premier temps : des plans personnalisés de santé (PPS), des réunions de concertation-amélioration des prises en charge, des réunions en présence du patient ou encore des protocoles pluriprofessionnels de soins. L’accompagnement proposé par la Fédération des URPS et la FMPS pourrait porter sur les points suivants : informer sur le dispositif ; aider à élaborer et rédiger un projet de santé ; accompagner la contractualisation avec l’ARS ; aider à obtenir le financement FIR ; et offrir l’expertise de la FMPS et de la Fédération pour mettre en œuvre des actions.

Le rôle des coordinatrices-coordinateurs de CPTS a également été abordé lors de la Rencontre. Des réponses obtenues lors de la diffusion d’un questionnaire sur ce sujet auprès des 15 coordinatrices-coordinateurs actuellement en poste dans la région et auprès de 46 professionnels de santé, il ressort qu’être coordinateur-trice, c’est : être chef d’orchestre ; emmener une équipe vers des objectifs communs ; faire le lien au sein du « collectif » CPTS et vers l’extérieur ; organiser et mener divers projets et actions ; être créatif et force de propositions ; et participer à l’organisation du système de soins de demain. Les 3 grandes missions du coordinateur ou de la coordinatrice sont l’ingénierie de projets, la communication-information sur la CPTS et ses actions, et la gestion-animation de l’association responsable de la CPTS (ce qui requiert des qualités relationnelles et « diplomatiques »). Les difficultés du métier sont le manque de temps, la réalisation de tâches chronophages et la nécessité de faire comprendre et de légitimer le rôle et la place du coordinateur ou de la coordinatrice. Le Centre-Val de Loire sera la région pilote pour la mise en place d’une formation pour les coordinateurs-trices, avec l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, début 2020.

En conclusion de la journée, Sabine Dupont, directrice de l’Offre des soins à l’ARS, a rappelé qu’une « dynamique très enviée au plan national » est à l’œuvre dans la région pour décliner le Plan Ma Santé 2022. Elle a également indiqué que le parti pris de l’ARS est « de faire confiance aux CPTS, de les encourager à entrer dans le cadre de l’ACI et d’accompagner ces évolutions de l’organisation du système de santé que sont les CPTS et les ESP ». Le Dr Alice Perrain, vice-présidente de l’URPS-ML, a, pour sa part, conclu sur l’intérêt qu’il y aurait à former un groupe de réflexion au sein de la plateforme professionnelle e-CPTS « pour réfléchir sur les objectifs stratégiques et la représentativité des CPTS en région Centre – Val de Loire ».