CPTS : 4ème Rencontre régionale et site internet dédié

L’URPS-ML a organisé le 21 mars à Blois sa 4ème Rencontre régionale des CPTS, un rendez-vous régulier qui permet aux professionnels de santé animateurs ou acteurs et coordinateurs de CPTS d’échanger sur leurs expériences et projets. Au cours des exposés introductifs qui ont précédé les travaux en ateliers thématiques, il a notamment été rappelé que l’objectif des CPTS est de prendre en charge la population d’’un territoire, alors que les ESP (équipes de soins primaires) prennent en charge une patientèle. Il a également été indiqué que les CPTS devraient bientôt bénéficier d’un financement pérenne, lorsque la négociation conventionnelle sur l'ACI (accord conventionnel interprofessionnel) CPTS aura abouti, et qu'elles auront à leur disposition avant l'été un réseau social professionnel financé la première année par l'ARS. Enfin, le site Internet dédié aux CPTS, lancé en ce début de printemps, a été présenté : www.cpts-centrevaldeloire.fr

Six ateliers étaient organisés au cours de cette journée. En voici les principales conclusions.

1/ Comment s’organiser en CPTS (1) ? Trouver une gouvernance pérenne. Impulser une dynamique territoriale. Comment faciliter l’adhésion au projet ?

Adhérer à une CPTS, c’est être acteur du changement dans l’organisation sanitaire de son territoire, se connaître, se reconnaître et améliorer la coordination-communication   entre professionnels de santé. C’est aussi rompre son isolement par l’échange et l’entraide, favoriser la cohésion des professionnels au service du patient.

Pour garantir et maintenir la dynamique d’une CPTS sur un territoire, il faut créer des temps d’échanges entre professionnels et des groupes mono-professionnels, développer et diffuser des outils de communication, aller au contact des professionnels et présenter les avantages à adhérer à une CPTS.

Enfin, garantir la bonne gouvernance d’une CPTS, c’est définir qui fait quoi, qui paie quoi, organiser et structurer la gouvernance en fonction des compétences de chacun, faciliter la communication-transmission d’informations encadrées, élire un conseil d’administration représentatif et laisser le coordinateur assumer son rôle.

2/ ESP et CPTS, quelles articulations ? Protocoles. Soins non-programmés.

Dynamique d’équipe et de territoire.

Monter une CPTS implique de faire preuve d’un esprit collectif sur le territoire, de se connaître et de partager l’information. Il faut aussi éviter les luttes de pouvoir si l’on veut que des MSP ou des ESP s’impliquent dans une CPTS, en sachant que ces structures ne peuvent être confondues avec une CPTS. La plus-value d'une CPTS sera d'autant plus grande que les professionnels de santé des secteurs de soins primaires de son territoire coordonneront leurs actions. Les ESP d’un territoire peuvent être aidées et accompagnées par la Fédération des maisons et pôles de santé (FMPS), la Fédération des URPS et/ou grâce aux informations transmises par les CPTS.

3/ Les relations ville-hôpital-clinique. Quelles relations institutionnelles et de travail ? Quels projets ?

Ces relations s’instaurent en se rencontrant, en se connaissant, en organisant conjointement l’amont et l’aval des hospitalisations de patients, ce qui implique de co-construire des parcours. Il s’agit aussi de mieux communiquer entre professionnels hospitaliers et libéraux grâce à des outils comme la MSS et le DMP.

Les idées innovantes issues des CPTS sont la création de groupes mixtes de travail ville-hôpital, la mise en place de formations interprofessionnelles ville-hôpital, d’un carnet de liaison, d’une plate-forme d’échanges entre le sanitaire, le social et le médico-social et/ou d’un annuaire sécurisé.

Les freins à l’établissement de ces relations sont la difficulté à trouver le bon interlocuteur, à mettre en place et utiliser les outils de communication, l’existence de rythmes de travail différents, la méconnaissance d’un référent social identifié.

A contrario les leviers à utiliser sont la présentation d’un interlocuteur libéral bien identifié au sein de la CPTS, la création d’un groupe mixte mono-catégoriel, la co-construction de protocoles, ainsi que le dialogue et la connaissance-reconnaissance mutuelle.

4/ Comment s’organiser en CPTS (2) ? Budget d’une CPTS, quelles priorités ? Les relations avec les partenaires. Quelle synergie/répartition du travail entre différentes CPTS ?

Il faut signer un contrat territorial de santé si l’on veut établir un budget. Le budget prévisionnel est un outil pour agir. Associer des partenaires à la CPTS permet d’obtenir des financements, une aide logistique, leur participation à une ou plusieurs actions. Les partenaires apportent des avis ou réponses aux besoins de la CPTS, facilitent les relations avec le médico-social, permettent d’éviter des redondances.

Les synergies entre CPTS peuvent se concrétiser par une plate-forme commune de partage de documents, l’organisation de rencontres régionales et départementales entre CPTS, des retours de CPTS sur les actions qui marchent bien ou moins bien (chronophages, inefficaces), ou encore la rédaction de fiches pratiques.

5/ Articulation 1er et 2ème recours. Comment impliquer les professionnels de 2ème recours ? Quels projets d’articulation ? La télé-expertise, une solution ?

Pour inciter des professionnels de 2ème recours à adhérer à une CPTS, il faut mettre en place des conditions attractives pour l’arrivée d’un successeur et des projets thématiques (ex : dépistage de la BPCO, chirurgie ambulatoire). Il faut aussi que les médecins de 1er recours exposent leurs besoins à leurs confrères du 2ème recours (ex : utiliser la MSS pour faciliter et hiérarchiser les demandes de rendez-vous sans perdre du temps au téléphone) et faciliter l’accès aux plannings d’astreinte.

La télémédecine (téléexpertise) peut être une solution pour accéder au 2ème retour hors territoire de CPTS.

6/ Améliorer l’accès aux soins. Prioriser les soins. Coordination et nouvelles pratiques professionnelles.

Faciliter l’accès aux soins, c’est identifier les tâches qui prennent du temps (rupture dans l’approvisionnement en médicaments, manque d’information dans le dossier patient, manque d’anticipation des soins programmables, non utilisation de la MSS, double saisie, habillage-déshabillage du patient, difficulté à joindre le médico-social, actes inutiles…).

Pour gagner du temps : réguler les demandes de soins ; recruter un assistant médical ; utiliser le DMP, un réseau professionnel, un annuaire territorial et/ou un outils de concertation autour du patient ; baliser le parcours patient, lui déléguer des responsabilités, transférer ou partager certaines compétences ; établir des protocoles ; avoir recours à une plateforme territoriale d’appui (PTA) ; inciter le patient à s’éduquer à la santé ; inscrire des mots-clés dans les courriers ; faire des consultations de synthèse pluriprofessionnelle en présence du patient.

Les craintes et les freins : le secret professionnel, la peur de perdre son domaine médical, la rivalité entre professionnels, la peur du changement, l’absence de motivation, le manque de culture interprofessionnelle, le décalage générationnel, la différence de formation initiale, le manque de reconnaissance, la complexité des nouveaux outils, la peur de perdre sa liberté de « libéral » ou de perdre de l’argent, le problème de la responsabilité de la décision, le doute sur la pérennité, ou encore l’attentisme.

Les idées émanant des CPTS : faire connaître les compétences et métiers de chacun ; monter des formations interprofessionnelles ; utiliser les annuaires ; travailler avec les autres CPTS ; compter sur le travail de la coordinatrice pour rencontrer les professionnels de santé ; connaître le rôle des infirmières Asalée, IPA (infirmières de pratique avancée) et des assistants médicaux ; organiser des groupes de travail interprofessionnels et des RCP ; favoriser le transfert d’étudiants en médecine sur différents terrains professionnels.