CPTS : les leaders accordent leurs priorités

Une cinquantaine de responsables et de coordinateurs de CPTS de la région Centre-Val de Loire ont participé à la troisième Rencontre régionale des leaders de CPTS jeudi 11 octobre, à La Chaussée Saint-Victor (41). En début de journée, les participants ont été invités, à l’issue d’un travail en groupes, à exprimer ce que vont être ou doivent être, selon eux, les grandes priorités d’un projet de CPTS. Voici les principales réponses qui ont été exprimées :

  • Articulation des projets de CPTS avec le PRS 2 ;
  • Interconnaissance et coordination, grâce à des outils adéquats et notamment pour libérer du temps professionnel ;
  • Réponse aux besoins d’accès aux soins et aux demandes de soins non programmés dans le cadre d’un consensus interprofessionnel ;
  • Protocolisation des prises en charge et du parcours de soins du patient ;
  • Coordination ville-hôpital : travail sur entrées-sorties d’hospitalisation, amélioration de la coordination, des hospitalisations programmées, de la représentation des CPTS dans des CME et inversement ;
  • Initiatives en faveur du bien-être professionnel ;
  • Organisation de la conduite de projets, animation et communication ;
  • Mise en place d’un outil de gestion et de coordination des fonctions d’appui ;
  • Importance de la fonction de coordinateur de CPTS ;
  • Travail à partir des attentes, préoccupations et envies du terrain, en respectant les temporalités de chacun ;
  • Réalisation de projets concrets très simples à mettre en place pour que l’action soit visible ;
  • Apprendre à se connaître au sein d’une même profession et entre professionnels de différents métiers, notamment grâce à des rencontres interprofessionnelles, avant d’aller vers le médico-social, et avoir un référent par profession en lien avec le bureau ou dans le bureau pour qu’elle y soit représentée ;
  • Mutualiser et communiquer les idées des CPTS ;
  • Organiser l’ambulatoire pour devenir l’interlocuteur identifié auprès des GHT (groupements hospitaliers de territoire) ;
  • Améliorer le partenariat avec les acteurs des contrats locaux de santé (CLS) ;
  • Communiquer grâce à des outils numériques performants, sans laisser personne de côté, même les professionnels qui ne font pas partie d’une CPTS.

 

Cette rencontre a également donné l’occasion au Dr Raphaël Rogez, président de l’URPS-ML et de la Fédération des URPS Centre-Val de Loire, de rappeler les mesures du Plan Santé 2022 qui intéressent la médecine libérale et les CPTS :

  • Déploiement de 1 000 CPTS pour mailler le territoire national à l’horizon 2022.
  • Soutien financier au développement des assistants médicaux auprès des médecins libéraux.
  • Renforcement de l’interprofessionnalité pour créer une culture commune chez les professionnels de santé.
  • Meilleure information des étudiants en santé sur la diversité des métiers et modes d’exercice.
  • Incitation des services d'urgence à réorienter les patients les plus légers.
  • Renforcement de la médecine de premier recours.
  • Renforcement de l’exercice coordonné et reconnaissance d’une équipe de soins traitante.
  • Maillage territorial par des équipes infirmières.
  • Émergence au sein des CPTS d’une responsabilité populationnelle, intégrant des objectifs de maintien et de retour rapide à domicile.

Enfin, trois ateliers portant sur des sujets essentiels pour les CPTS ont également été organisés lors de cette rencontre. Voici la synthèse des restitutions faites à l’issue de la tenue de ces ateliers.

 

Atelier « De la CPTS à la PTA. Quelle(s) articulation(s) avec les secteur médico-social et social ? ».

Les participants ont estimé que l’intégration des professionnels du médico-social au sein d’une CPTS doit se faire progressivement. Ils ont aussi constaté que le niveau d’avancement des plateformes territoriales d’appui (PTA) s’avère très variable d’un département à l’autre : dans certains départements, les CPTS n’ont pas été sollicitées pour y participer et dans d’autres se font jour des problèmes de gouvernance. Il est donc proposé d’écrire une feuille de route commune à toutes les CPTS de la région pour savoir comment elles souhaitent être représentées et peuvent s’impliquer dans ces PTA, mais aussi pour favoriser la création d’une gouvernance identique dans chaque département et trouver un équilibre des représentations, notamment celle des professionnels de santé libéraux.

 

Atelier « Les relations ville-hôpital-clinique ». 

L’accent a été mis sur le problème du cloisonnement des hôpitaux, du manque de communication entre libéraux et hospitaliers, notamment sur l’organisation des entrées-sorties des patients, dont l’amélioration doit être une priorité. Il faut donc mettre en place une feuille de liaison ville-hôpital et s’appuyer sur une meilleure utilisation des outils informatiques, qui doivent être simples et acceptables par tous. Autres axes de travail : améliorer l’hospitalisation programmée, notamment pour les personnes âgées ; répondre au besoin de bilans d’hospitalisation ; favoriser les temps d’échange et de formation ; améliorer l’efficience de l’HAD ; faire de la réponse aux soins non programmés une priorité pour les CPTS ; faire en sorte que des médecins libéraux de CPTS intègrent les CME d’établissements hospitalier ; organiser des rencontres entre professionnels de santé libéraux et professionnels de santé hospitaliers.

 

Atelier « S’organiser en CPTS ». 

Il faut trouver des leaders dans chaque profession et sur chaque territoire, ont insisté les participants. Par ailleurs, une CPTS ne doit pas « aspirer » les énergies des professionnels des MSP. Les professionnels d’une MSP peuvent intégrer une CPTS, mais pas les MSP en tant que telles. Si le coordonnateur d’une CPTS peut aussi être le coordonnateur d’une MSP, il se doit de bien faire la part des choses entre les deux structures et de laisser s’exprimer les professionnels de santé qu’il met en lien. Il doit être un facilitateur, pas un chef de projet. Prévenir le risque d’épuisement des professionnels de santé et des coordonnateurs de CPTS impose d’échanger de vive voix et d’utiliser les outils performants de communication. Enfin, les CPTS doivent pouvoir mutualiser certains moyens, comptables en particulier.