Régulation libérale : un forum pour ouvrir des perspectives

L’URPS-ML a organisé le 14 octobre à Orléans un Forum destiné à faire le point sur les enjeux et perspectives de la régulation libérale en région Centre-Val de Loire. Y participaient notamment la directrice générale de l’ARS, Anne Bouygard, des médecins régulateurs libéraux de la région et hors région, ainsi que des responsables des SAMU de l’Indre-et-Loire et du Loiret.

Le Pr Saïd Laribi, responsable du SAMU 37, a fait le point sur la régulation libérale vue par les SAMU de la région. « Ce relationnel est excellent dans tous les SAMU entre régulateurs libéraux et assistants de régulation médicale dans les locaux des centres 15 ».Il a souligné les avantages du maintien d’une régulation libérale dans les locaux des centres 15, permettant des échanges fructueux entre régulateurs libéraux et personnel hospitalier.

Il a abordé la problématique de la régulation libérale du samedi matin, qui ne fait actuellement pas partie de la PDSA, comme le souhaitent tant les régulateurs libéraux que les responsables des centres 15.

Le Dr Pierre Bidaut, responsable de la Commission PDSA de l’URPS-ML, a ensuite présenté un état des lieux de la régulation libérale en Centre-Val de Loire, qui est actuellement assurée par :

  • 20 médecins dans le Cher,
  • 20 médecins en Eure et Loir,
  • 17 médecins dans l’Indre,
  • 13 médecins en Indre et Loire,
  • 5  médecins dans le Loir et Cher,
  • 11 médecins dans le Loiret,

 avec un âge moyen de 57 ans.

Ces effectifs ne permettent pas d’assurer dans tous les départements la couverture de toutes les plages de la PDSA par un régulateur libéral et encore moins d’envisager l’extension au samedi matin de la régulation libérale.

Autre constat, la distance moyenne entre le lieu d’exercice des régulateurs libéraux et le centre 15 (où ils effectuent la régulation) varie entre une moyenne de 7 km en Indre-et-Loire et de 42 km en Eure-et-Loir. Ce qui objective bien le fait que l’éloignement du centre 15 constitue un frein majeur à l’investissement des médecins libéraux dans la régulation.

Plusieurs régulateurs libéraux venus de départements extérieurs à notre région (Haute-Loire, Nièvre, Mayenne, Allier) sont venus expliquer comment ils avaient contourné ce problème et les avantages qu’ils en avaient tirés.

Leur solution : un système d’information (logiciel) en ligne, totalement interconnecté en temps réel au système d’information et de téléphonie du centre 15,qui permet au régulateur libéral de réguler les appels reçus au 15 (et très prochainement au 116-117) de son domicile ou de son cabinet ou de tout autre lieu bénéficiant d’une connexion internet.

La conséquence : des effectifs de régulateurs en hausse ou renouvelés dans ces départements, voire la mise en place d’une régulation libérale inexistante avant la migration vers cet outil en Haute-Loire, et la possibilité de réguler pour des départements voisins réfractaires à cette évolution et impactés par la baisse de leur effectif de régulateurs.

Les échanges ont également porté sur le nouveau numéro dédié à la régulation libérale, le 116-117, sujet abordé par le Dr Laurent Bréchat, co-responsable de la Commission PDSA de l’URPS-ML. Parmi les questions qui se posent : quelle réponse à ce numéro en dehors des heures de la PDSA ?

Pour le Dr Stéphane Bathellier, responsable du SAMU 45, le 116-117 doit pouvoir, aux heures d’ouverture des cabinets médicaux, orienter les demandes de soins non programmés vers une prise en charge libérale. Ce qui pose la question de l’organisation de la réponse à ces demandes.

Les représentants de l’URPS-ML sont favorables à une réflexion par territoire sur la base du volontariat, dont les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) peuvent être le cadre.

En conclusion est ressorti le souhait de mettre en œuvre une expérimentation de régulation délocalisée en région Centre-Val de Loire, qui pourrait inciter davantage de médecins libéraux à s’engager dans la régulation libérale.